Budget provincial 2017-2018: Force Jeunesse réagit au budget Leitão

Force Jeunesse accueille favorablement le réinvestissement annoncé en éducation dans le budget du Québec, mais reçoit avec inquiétude l’annonce de baisses d’impôts récurrentes qui viendront amputer le portefeuille collectif des Québécois.e.s. Bien que l’organisme juge les réinvestissements timides en comparaison aux coupures des dernières années, il espère que le gouvernement continuera dans cette direction en utilisant la marge de manœuvre dégagée pour l’investir dans les services publics et s’assurer du contrôle de la dette à travers le Fonds des générations.

Pour Force Jeunesse, il était essentiel que le gouvernement donne aux écoles, collèges et universités les moyens nécessaires pour préparer la jeunesse aux défis de demain. Le réinvestissement annoncé est un pas dans la bonne direction, mais il aurait pu être beaucoup plus significatif si le gouvernement avait décidé d’en faire une réelle priorité plutôt que d’annoncer des baisses d’impôts symboliques et prématurées. Ainsi, les 3,4 milliards d’investissements en éducation sont étalés sur 5 ans, dont environ 300 millions pour cette année, ce qui est insuffisant pour répondre aux besoins du réseau.

De plus, pour Force Jeunesse, l’idée de consentir une baisse d’impôts récurrente de 1 milliard, qualifiée par le gouvernement de permanente puisqu’il projette de la renouveler sur 5 ans, est très prématurée. L’organisme estime qu’il est déraisonnable de prendre un tel engagement alors que le Québec est loin d’être à l’abri des soubresauts économiques. En effet, cet engagement s’appuie sur des prévisions optimistes sur la croissance économique des 5 prochaines années, ce sur quoi le gouvernement n’a pas de contrôle. « Québec vient de se dégager une marge de manœuvre, à coût élevé sur le plan social, et il se lance déjà dans des promesses de baisses d’impôts qui le conduisent à priver les générations futures des retombées de ces efforts. Les baisses d’impôts auront un impact très minime pour chacun des contribuables québécois. Par contre, elles viennent amputer directement et de manière permanente le portefeuille collectif de ceux-ci, quelques mois seulement après que le gouvernement ait dressé un portait inquiétant des finances publiques de la province », regrette Nolywé Delannon, présidente de Force Jeunesse.

Toutefois, l’organisme se réjouit que le gouvernement maintienne le cap sur ses investissements dans le Fonds des générations. Administré par la Caisse de dépôts et placements, cet outil est essentiel pour permettre au Québec de contrôler adéquatement sa dette et d’améliorer sa cote de crédit. C’est à long terme que ces efforts porteront leurs fruits en assurant au Québec des conditions favorables pour emprunter sur les marchés financiers et ainsi continuer à investir dans des projets collectifs structurants. « Nous sommes inquiets des critiques des différents groupes d’opposition sur la pertinence de continuer à investir dans le Fonds des générations alors que c’est un fort consensus social qui avait mené à sa création en 2006. Afin de protéger cet outil légitime, nous nous emploierons à en faire un état des lieux et à réfléchir aux éventuels changements qui pourraient être apportés à ses mécanismes de financement et de gouvernance. Dix ans après sa mise en place et compte tenu des sommes de plus en plus importantes qui y sont versées, c’est le moment opportun pour faire un tel bilan », insiste Mme Delannon.