Projet de loi fédéral C-23 – 25 organismes jeunesse contre le projet de loi amendé

À l’occasion de l’étude du projet de loi C-23 par le comité sénatorial, un regroupement de jeunes et d’organismes non partisans dont la mission est de favoriser la participation des citoyens à la vie démocratique souhaitent exprimer leur inquiétude devant les modifications proposées par le gouvernement Harper. Tout comme un nombre croissant d’organisations de la société civile, de citoyens, d’éditorialistes et d’experts internationaux, ils manifestent leur préoccupation quant à l’impact du projet de loi fédéral C-23 sur la santé de la démocratie au Canada.

« Ce projet, qui risque d’influencer à la baisse la participation électorale des jeunes, est d’autant plus inquiétant que le taux de participation électorale des jeunes est déjà en recul depuis 40 ans. C’est encore plus vrai pour les jeunes autochtones et ceux issus des communautés culturelles. Aux élections fédérales de 2011, 61,2 % des jeunes de 18 à 24 ans n’ont pas voté », déplore Cathy Wong, membre et ex-présidente du Forum jeunesse de l’Île de Montréal.

Éducation citoyenne des jeunes électeurs
Le gouvernement fédéral propose de restaurer le mandat d’éducation citoyenne d’Élections Canada, tout en le limitant désormais aux jeunes de moins de 18 ans, ceux qui n’ont pas encore obtenu le droit de voter. Il s’agit d’une étape positive, car le gouvernement rétablit les programmes d’éducation civique qui étaient abolis par le projet de loi initial.

« Il est cependant essentiel que le mandat d’éducation d’Élections Canada implique aussi les jeunes électeurs âgés de 18 à 35 ans. Sinon, qui encouragera la participation électorale de ce groupe d’âge, reconnu comme étant celui qui vote le moins ? Qui proposera des solutions à leur démobilisation et à leur désengagement ? Qui collectera des données et produira des recherches sur les pratiques innovantes en matière de participation citoyenne ? Élections Canada pourra-t-il mener des programmes d’éducation citoyenne à l’extérieur des campagnes électorales ? Si Élections Canada est dépouillé de ce mandat, quel acteur impartial prendra la relève ? », questionne Widia Larivière, cofondatrice de la branche québécoise du mouvement autochtone Idle No More.

L’encouragement au vote des 18 à 35 ans serait-il désormais porté par les partis politiques? Certes, ceux-ci ont un rôle important à jouer dans l’éducation civique. Cependant, une enquête nationale a estimé que seulement 40 % des jeunes de 18 à 34 ans ont été rejoints par les partis politiques, contre 75 % chez les 65 ans et plus. « Cela démontre l’importance de pouvoir compter sur une institution non partisane comme Élections Canada qui déploie un maximum d’efforts pour rejoindre tous les bassins, toutes les catégories d’électeurs. En ce sens, il nous paraît important qu’Élections Canada poursuive son rôle de facilitateur auprès des représentants de la société civile, et continue son mandat d’éducation à la démocratie auprès des jeunes électeurs de 18 à 35 ans », plaide Mountagha Sow, président du Conseil jeunesse de Montréal.

Legs aux futures générations
Tous les efforts mis pour stimuler l’intérêt des jeunes à la démocratie, pour augmenter leurs connaissances sur la politique ou encore pour favoriser leur participation, peuvent contribuer à améliorer leur taux de participation électorale. Des études montrent que les jeunes développent l’habitude de voter lorsqu’ils le font au cours des deux premières élections pour lesquelles ils sont habilités à voter. Si ces premiers rendez-vous sont manqués, il est plus probable que ces jeunes électeurs ne se présenteront pas aux urnes en vieillissant. Ainsi, à titre de signataires, nous croyons ardemment que la participation électorale des jeunes Canadiens mérite d’être valorisée et facilitée. Les jeunes représentent les forces vives de notre démocratie et son avenir. Si nous ne nous préoccupons pas de leur participation, c’est la légitimité même de notre processus électoral qui sera affaiblie.

Le regroupement de jeunes et d’organismes est constitué de :
Geneviève Baril, directrice des compétences et de la mobilisation citoyenne de l’Institut du Nouveau Monde
Alexandre Blanchette, président du Forum jeunesse Estrie
Jonathan Bouchard, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec
Michelle Briand, présidente de la Table jeunesse de l’Outaouais
Élise-Ariane Cabirol, présidente de la Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec
Benoît Collette, président de la Commission jeunesse du Bas-St-Laurent
Marc-Olivier Cyr, membre du Forum jeunesse de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent
Yannick-Carl Demers, président du Forum jeunesse Laval
Kimberlee Desormeaux et Ericka Alnéus, coprésidentes de Génération d’idées
Lyne Doth, présidente du Forum jeunesse des Laurentides
Stéphanie Fortin, présidente du Forum jeunesse Mauricie
Sarah Girouard, présidente du Forum jeunesse de l’île de Montréal
James-Alexander Keays, président de la Commission jeunesse Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
Eliane Laberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec
Eloi Lafontaine-Beaumier, président de Force Jeunesse
Widia Larivière, militante algonquine et cofondatrice de la branche québécoise du mouvement autochtone Idle No More
Dominique Masse, présidente du Forum jeunesse Lanaudière
Melissa Mollen Dupuis, militante innue et cofondatrice de la branche québécoise du mouvement autochtone Idle No More
Anne-Marie Nadeau, présidente du Forum jeunesse Abitibi-Témiscamingue
David Pilon, président du Forum jeunesse Montérégie-Est
Maxime Plamondon, président du Forum jeunesse de la région de la Capitale-Nationale
Cynthia Ruest, présidente du Regroupement action jeunesse 02
Mountagha Sow, président du Conseil jeunesse de Montréal
Francis Turcotte, président du Forum jeunesse Côte-Nord
Frédérick Vallières, président du Forum jeunesse régional Chaudière-Appalaches
Marie-Pier Vincent, présidente du Forum jeunesse Centre-du-Québec
Cathy Wong, membre et ex-présidente du Forum jeunesse de l’Île de Montréal